histoire du R&B

Publié le par SeeB

On entend partout parler de R&B, pourtant on a du mal à définir ce courant musical... Et pour cause : depuis les origines, le R&B n'a cessé de se transformer, incorporant d'autres influences musicales jusqu'à devenir un terme aussi vague que celui de 'rock'.

Du Rythm and Blues...

Commençons par un peu d'éthymologie (mol) : R&B est l'abréviation de Rythm and Blues. Pour autant, le R&B n'est pas le Rythm and Blues. Je vois d'ici ta tête : tu te demandes ce que la Stellou est encore en train de déblatérer... La phrase précédente mérite donc quelques explications.

Aux origines, le Rythm and Blues (rythme et mélancolie) désignait la musique issue du Gospel et du Jazz créé par les musiciens noirs américains. Le terme serait en fait apparu pour remplacer celui de race music utilisé auparavant par les commentateurs blancs et jugé trop insultant.

Apparu dans les années 40, le rythm and blues et sa petite soeur la soul gagnent progressivement du terrain, permettant aux sons nés des Eglises noires américaines de trouver un autre terrain d'expression. Ce n'est que dans les années 60/70 qu'apparaît le terme R&B. Toutefois, à l'époque, ce bébé du Rythm and Blues n'a plus grand chose à voir avec la musique des origines : le R&B incorpore alors la funk, la soul et le disco, porté par des artistes comme James Brown ou Ottis Redding.

... Au R&B

Dans les années 80, le R&B change encore de visage sous l'influence du hip hop : on ne parle plus de R&B mais de New Jack. Ce n'est qu'au début des années 90 que le terme R&B refait surface : c'est l'occasion de nouvelles évolutions pour le R&B, qui se teinte de musique électronique et de samples divers.

Aujourd'hui, porté par des artistes aussi différents que Mary J Blige, Ashanti, Beyonce, Aaliyah, Kelis ou Craig David, le R&B est un tel phénomène commercial que les chanteuses pop n'hésitent pas à en verser quelques gouttes dans leurs derniers albums, à l'instar de Britney Spears, Kylie Minogue ou Victoria Beckham. Le revers de la médaille, c'est la multiplication de succédanés de R&B, très rentables commercialement mais pas très reluisants musicalement, qui ne font qu'alimenter les critiques de ceux qui dénigrent ce courant musical et considèrent le R&B comme une sous-version mielleuse, fric et frime du rap.

En faisant une compil des titres R&b les plus diffusés sur nos ondes, on en arriverait sûrement à la conclusion que le R&B ne parle que d'amour et de drague à longueur de temps. Or, si le R&B aborde généralement des thèmes plutôt positifs, il ne met pas de côté pour autant des sujets plus profonds comme la condition des femmes ou les différences sociales. Des chanteuses comme Mary J Blige, par exemple, qui se servent du R&B pour partager leurs expériences douloureuses de leur vie, sont là pour le prouver.

N'en déplaise aux grognons, le R&B est là et bien là, dans la rue, sur les ondes et sur les couvertures de magazines... Y compris en France, qui depuis quelques années se met timidement à produire ses propres chanteurs de R&B et craque à son tour pour l'esthétique sexy inévitablement associée à ce mouvement.


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